LA BELLE ET LA BÊTE

LA CONVENTION 2001

Deux superbes félins!

Vendredi (suite)

La grande salle se remplit de nouveau. Vêtue de ma belle cape brodée, un vrai costume de théâtre emprunté à des amis, j'attends dans un coin avec les autres participants. Il y a là des habitants des tunnels, une mariée, une nymphe, plusieurs monuments New Yorkais et un superbe Vincent. Plus une de ces bougies tricolores que les habitants des Tunnels allument pour Winterfest ("La Fête de l'Hiver").

On attend que tout le monde se mette en place. On attend aussi les "celebs", qui n'ont pas l'air décidés à se montrer. J'en profite pour discuter un peu avec mes voisines, une femme des Tunnels et la Statue de la Liberté. Elle font partie d'un groupe du Maryland, les Chesapeake Bay Helpers. Des fans qui se connaissent et se réunissent régulièrement depuis plus de onze ans. Elles me proposent une photo avec Vincent (alias Lisa), qui fait aussi partie de leur groupe.

Vincent pose aussi avec Myhr, et avec Kathleen, dont le costume s'intitule en fait "La robe de mariée de Catherine". Lisa n'étant pas aussi grande que Ron Perlman, c'est une chance que Kathleen soit si petite! Chacun veut photographier une scène que nous avons tous rêvé de voir un jour sur nos écrans.

Un mouvement dans la salle. David Schwartz, un des producteurs de la série et un habitué des Conventions, vient de faire son entrée. Il nous salue, dit quelques mots, et s'excuse de ne pouvoir rester ce soir. Il arrive tout droit de Bali, il a besoin de dormir un peu. Les autres invités sont toujours invisibles, et on décide de commencer, sous la haute présidence de Myhr, Maître des Cérémonies.

D'abord le défilé costumé, dont le clou est sans conteste la "bougie de Winterfest" qui esquisse quelques pas de danse sur la chanson "Be Our Guest" ("C'est la fête" dans "La Belle et la Bête"…de Disney), faisant hurler de rire les spectateurs. Qui riront encore après, à voir Clare s'extraire de son costume en se tortillant comme une chenille. Vincent et sa mariée ont un beau succès, ainsi que l'Empire State Building, auquel il ne manque même pas King Kong, et de superbes "costumes des Tunnels".

Pour finir, une petite surprise: David et Julie Smith, de Novtek, l'entreprise qui chaque année filme et met en cassettes les Conventions, montent sur scène, déguisés en Mulder et Scully. Ils ont une révélation à faire sur l'identité du bébé de Scully. Quelqu'un leur apporte leur fils Jordan (que tout le monde appelle "Critter", la Bestiole!) et ils enlèvent la couverture qui le cache, révélant un minuscule costume de Superman. L'ovation qui suit montre à quel point les "Novtek" font eux aussi partie de la famille. Ils sont la mémoire des Conventions. Rien n'échappe à leurs caméras, mais ils savent se faire oublier, et à aucun moment on n'est conscient d'être filmé.

Arrive le moment du "Talent Show", et je commence à me demander ce que je fais là. Bon, depuis la France, ça ne paraissait pas une mauvaise idée, mais au fur et à mesure que ça se rapproche, je sens la panique qui monte. Surtout que j'ai déjà passé pas mal de temps sur scène depuis ce matin, ils vont finir par se dire qu'on ne voit plus que moi…

Le premier numéro est celui de Carol et Genie, marionnettistes. Avec énormément de savoir-faire, elles font danser un "Vincent on Broadway" sur la chanson "From Rags to Riches". Drôle, émouvant, et stupéfiant de fluidité et de coordination. Un numéro de qualité quasiment professionnelle, je commence à me demander si ma propre prestation, totalement "amateur" ne va pas faire tache.

C'est ensuite le tour de Brooke Hardy, qui interprète "Bewitched". Agée de 13 ans, Brooke est un "bébé des tunnels", qui a assisté à sa première Convention dans sa poussette. Beaucoup de gens ici la connaissent depuis toujours, mais les applaudissements qui saluent sa prestation ne doivent rien à l'indulgence: cette gamine est une vraie pro! Elle a une voix et sait comment s'en servir, elle sait aussi bouger sur scène, sourire, tenir un micro. Chapeau! Mais ça n'est pas fait pour me rassurer!

Heureusement le numéro suivant correspond beaucoup mieux à l'idée que je me faisais d'un "spectacle amateur". Les "Tunnel'ettes", autrement dit les Chesapeake Helpers, ingénieusement déguisés en différents monuments New-Yorkais, plus un gangster et des habitants des Tunnels, éxécutent une chorégraphie sur "New York, New York". Rien de compliqué, et on sent bien que la danse n'est pas vraiment leur fort, mais ils y mettent du cœur. Ils s'amusent visiblement beaucoup, et nous aussi, surtout quand Vincent, coiffé lui aussi d'un haut-de-forme et maniant la canne, vient se joindre au "chorus-line". Un triomphe!

Mais voilà que Myhr appelle mon nom. Quand faut y aller… Contrairement aux autres, je n'ai pas de musique d'accompagnement, juste ma voix, qui n'a rien d'exceptionnel. Mais bon, il paraît que je m'en suis tirée correctement, même si mes souvenirs sont assez flous. Je sais que je l'ai chanté, jusqu'au bout, ce poeme d'Edgar Poe. Un poème appris il y a longtemps, au lycée, ainsi que sa version en musique, interprétée à l'époque par Joan Baez. Une chanson que j'avais envie de partager avec ma "famille B&B", parce que le poème a donné son titre à un des épisodes de la saison 2: "Annabel Lee". En descendant de scène, les jambes un peu flageolantes, je m'aperçois qu'Edward Albert est au fond de la salle, arrivé pendant que je chantais.

Les numéros s'enchaînent, dans l'ensemble plutôt de bonne tenue, jusqu'à Judy, Karen et Miranda dans leur traditionnel sketch de clôture. Cette année, habillées en vampires, elles sont les "Vincent's Vamps", avec la collaboration de Vincent en victime (très) consentante. Et comme apparemment un seul félin ne leur suffit pas, le pauvre Myhr y passe aussi!

Pendant le show, un buffet a été installé au fond de la salle, et chacun va se servir avant le début des enchères.

Ce soir ce sont des vêtements qui sont vendus, pour la plupart des costumes de la série, au profit de l'orphelinat New Yorkais auquel iront tous les bénéfices de la Convention.

Myhr, Jay Acovone et Edward Albert, bientôt rejoints par David Schwartz, nous offrent un véritable spectacle, mené à un train d'enfer. Ils n'épargnent ni leur peine, ni leur pitreries pour faire monter les enchères. Ils ont parfois du mal, car certains articles, même authentiques, n'offrent pas vraiment grand intérêt. Pris un par un et sortis de leur contexte, les costumes des tunnels ressemblent parfois à des haillons grisâtres et peu engageants.

J'avoue qu'une partie des plaisanteries échangées me passe au dessus de la tête, tant leur débit est rapide. David Schwartz doit être très drôle, à en juger par les rires dans la salle, mais j'ai vraiment du mal à le comprendre!

Quelques pièces atteignent plusieurs centaines de dollars, comme un superbe gilet en patchwork de cuir, et un authentique pantalon de Vincent. Je vous laisse deviner ce que l'heureuse "acquéreuse" entendra comme plaisanteries…au dessous de la ceinture! Et pas seulement de la part des "celebs".

Finalement la lassitude commence à se faire sentir. Tout n'a pas été vendu, mais ce qui reste sera ramené au "Dealers Room".

Les "celebs" descendent de scène pour se mêler à l'assistance. Depuis douze ans que les Conventions ont lieu, des liens se sont tissés, maintenant ils "font partie de la famille". Véronique et moi en profitons pour discuter un peu avec Edward Albert. Il est tout à fait accessible et sa gentillesse n'a rien d'une façade professionnelle. On prend quelques photos. En posant avec moi, il me murmure dans l'oreille "Tu as été magnifique!" Je ne sais pas s'il a réellement aimé ce que j'ai chanté, ou si c'est juste pour être gentil, mais c'est vraiment quelqu'un d'adorable!

Nous aurons moins de chance avec Jay Acovone, "accaparé" par d'autres fans, et à ce qu'il nous semble, nettement moins chaleureux en dehors des besoins du "service".

  

Suite

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